L'exemple le plus célèbre : Oedipe.

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Message par kellie le Jeu 18 Nov - 7:47

L'exemple le plus célèbre : Oedipe.
Le mythe d'Oedipe sera l'un des concepts fondateurs de la psychanalyse : Oedipe fut abandonné par ses parents, Laïos et Jocaste, qui craignaient de se voir réaliser la terrible prophétie délivrée par la Pythie. Selon la prédiction, Oedipe, devenu adulte, tuerait son père et épouserait sa mère. Ses géniteurs jugèrent donc préférable de l'abandonner, afin de se protéger. Élevé par les souverains de Corinthe, et dans l'ignorance de son véritable état, Oedipe, jeune homme, étant à son tour informé de la terrible prophétie, fuît ses parents adoptifs qu'il pensait être ses géniteurs. En chemin, une altercation l'opposa à Laïos. Oedipe le tua, sans savoir naturellement qu'il s'agissait de son véritable père. Nullement affecté, il continua sa route. Ses pas le guidèrent vers Thèbes, où Jocaste (sa mère) devenue veuve le prit pour époux après qu'il ait su répondre aux énigmes du sphinx. Oedipe se creva le yeux pour se punir de ses fautes involontaires.
Les actes d'Oedipe (tuer Laöis et épouser Jocaste) étaient " légitimes " tant que le lien de sang lui était inconnu. Pourtant, dès lors qu'il sut qu'il s'agissait de ses parents, bien qu'il n'eut pas été élevé par eux, Oedipe doit se punir de cette faute qui n'en était pas une au moment de l'acte. Ce mythe montre évidemment clairement qu'il s'agit moins d'une relation physique prohibée que d'une relation symbolique insoutenable à la conscience.
Du côté des anthropologues et des sociologues.
Durant les premières ères préhistorique, l'inceste n'est pas interdit et au contraire, il permet de préserver les biens et les territoires de chaque tribu. À l'ère néolithique, l'interdit de l'inceste permit aux tribus de pratiquer des échanges divers.
Les anthropologues estiment que la prohibition de l'inceste est une institution à caractère universel : il s'agirait donc d'une loi indépendante des structures communautaires et des modes de vie. La raison se trouverait dans la mythologie : seuls les dieux ont le droit de féconder leur ascendance et leur progéniture dans le but de préserver le pureté de la race.
Les règles qui gouvernent la prohibition de l'inceste sont très variables et complexes selon les sociétés. Par exemple, une tribu de Sibérie du Nord interdit les mariages incestueux mais accepte que les jeunes filles perdent leur virginité avec leur père ou leur frère avant le mariage. Chez les indiens Kuki, seul l'inceste mère / fils est prohibé au contraire des Kalang de java chez qui le mariage mère / fils porte bonheur et apportent fertilité et abondance. En Afrique centrale, un soldat peut avoir des relations sexuelles avec sa sœur à la veille d'un combat pour le rendre invulnérable. (exemples tirés de " L'enfant victime d'inceste ").
En anthropologie, il existe deux types de théories concernant le tabou de l'inceste :
¨ les théories finalistes (Maine, Westermark, Freud, Malinowsky et Lévy-Strauss pour ne citer qu'eux) qui prônent une origine sociale du tabou pour la préservation des structures sociales et familiales
¨ Les théories déterministes (Westermark, Freud, Bischoff entre autres) où la prohibition serait un phénomène " naturelle " qui pourrait s'illustrer par l'éthologie.
Les sociologues ont établi que la prohibition de l'inceste était d'origine sociale, et tendait à conserver la structure de l'organisation familiale. Lévy-Strauss établit, lui, que la prohibition de l'inceste n'est pas une pure interdiction : " elle équivaut à dire que, dans la société humaine, un homme ne peut obtenir une femme que d'un autre homme, qui la cède sous forme de fille ou de sœur " (Anthropologie structurale, 1958). Bref, elle règle l'ensemble des échanges des femmes et des filles au sein du groupe selon des principes très stricts qui constituent un système quasi algébrique de relation. La structure du groupe, explique les sociologues, revêt un caractère sacré. Il n'est pas rare qu'elle soit telle que le mariage entre cousins germains issus d'un frère et d'un sœur soit autorisé, et le mariage entre deux cousins issus de deux frères ou de deux soeurs interdit, bien que biologiquement la parenté soit identique. Il est peu de phénomènes qui montrent aussi bien que ces règles concernent l'inceste à quel point le règne de la culture humaine est original et irréductible à celui de la nature biologique.

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