Des blogs pour les femmes battues au congo

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Des blogs pour les femmes battues au congo

Message par kellie le Mar 19 Oct - 6:02

[b][i]Des blogs pour les femmes battues
Annette Kouamba Matondo*

BRAZZAVILLE, 6 juil (IPS) - Au Congo, plusieurs femmes battues racontent leur calvaire sur un blog. Leurs témoignages représentent une libération pour elles-mêmes et pour d'autres victimes. Quant aux associations, elles trouvent Internet comme un outil rapide et efficace de communication et d'échange d'informations.

"Un jour, j’ai reçu la visite de ma petite sœur et de son collègue de travail. Pour mon mari, ce dernier était mon amant. Après leur visite, il m’a battue et m’a menacée avec une arme blanche. Cela s’est répété plusieurs fois jusqu’au jour où j’ai décidé de le quitter...", témoigne Hortense, sur le blog de l’Association des femmes solidaires (AFS), basée à Brazzaville la capitale du Congo.

Sur le même site, Elise raconte aussi son histoire : "J’étais enceinte. A l’hôpital, le test a révélé que j'étais séropositive. Quand mon compagnon a su que son test était négatif, il a commencé à me maltraiter physiquement et psychologiquement jusqu’à dévoiler mon statut. Cela a duré six mois, puis un de mes frères m'a délivrée de lui..."

Sur Internet, ces victimes ont trouvé un soutien. "Si mon témoignage peut aider d’autres Congolaises à parler de leurs problèmes (coups, injures, main mise sur leur argent), cela ne peut que me réjouir", se félicite Elise. De son côté, Hortense avoue avoir eu "un choc" la première fois qu'elle est allée sur Internet : "Quand j’ai lu les témoignages, j’ai réalisé que je n’étais pas la seule à être battue. J’encourage les femmes à créer leur blog".

"Ces aveux permettent aux visiteurs d’avoir une idée des violences faites aux femmes et aident les victimes à dénoncer leurs partenaires et à se sentir moins seules", résume Arlette Bakou, chargée de coopération multilatérale au ministère de la Promotion et de l’Intégration de la Femme au Développement.

Pour les associations spécialisées, cet espace de liberté a aussi son utilité. "Cet outil permet de travailler en réseau avec des OSC (organisations de la société civile) et peut servir de vitrine pour une association", explique Alain Ndalla, directeur chargé des nouvelles technologies au ministère des Postes et des Télécommunications.

"J'entrevois la collaboration possible avec d’autres associations : partage d’expériences, annonce de nos travaux et invitations à participer à nos activités", indique Sylvie Mfoutou de l’Association pour les droits de l’Homme et l’univers carcéral.

'Espaces d’expression et de réflexion'

Pour sa part, Vivienne Dzobo, de l’Agence régionale d’information et de prévention du SIDA, est devenue fan de ce moyen de communication depuis un an qu'elle met à jour le blog de cette association qui traite aussi des viols conjugaux. "Je reçois des réactions et des suggestions. Des OSC viennent me voir pour que je parle de leurs activités. Certaines femmes me demandent des adresses de gens à contacter quand elles sont victimes de violences au sein de leur foyer".

Dzobo espère que ce blog "sera un miroir pour notre structure, qu’il suscitera des partenariats et attirera des subventions pour nos prochaines activités".

Même si le taux de fréquentation reste minime (à peu près une visite par mois selon les blogs), on constate une volonté de maîtriser cet outil de la part de certaines OSC congolaises. "Quand on est dans le bain, on reste scotché pendant des heures à échanger et discuter sur un document. Ce support permet de gagner du temps et d'échanger avec des internautes du monde entier", souligne Arlette, qui a son propre blog, mais reste lucide en raison de la faible présence des Congolaises sur Internet.

Cette préoccupation est partagée par Sylvie Niombo, coordinatrice de l’association Azur développement : "Elles ne sont pas nombreuses à utiliser les blogs et se limitent aux mails. Cet espace n’a pas encore la renommée qu’il mérite dans les rangs des OSC. A cela, s'ajoute le coût de la navigation, l’accès difficile à Internet et les interminables coupures d’électricité". Niombo reste cependant optimiste, convaincue de l'utilité de "ces journaux en ligne, espaces d’expression et de réflexion enrichissants".

*(Annette Kouamba Matondo est journaliste à Syfia, une agence de presse basée à Montpellier. Cet article est publié en vertu d'un accord de coopération entre l’agence de presse InfoSud et IPS). (FIN/2010)

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