LES MALTRAITANCES INVISIBLES(ALIENATION PARENTALE)

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LES MALTRAITANCES INVISIBLES(ALIENATION PARENTALE)

Message par Invité le Ven 5 Mar - 21:36

Il existe de multiples attitudes qui permettent de décrédibiliser l’autre parent. Hubert Van Gijseghem en a fait un inventaire à la Prévert qui est loin d’être exhaustif : l’étiqueter péjorativement (« l’imbécile », « la sorcière »…), insister sur ses seuls traits négatifs ou mettre en évidence ses failles, juger de ses comportements en les tirant de leur contexte, amplifier ses comportements (il boit une bière = « c’est un alcoolique »), minimiser ou dénier son implication dans des moments de bonheur passés, encourager l’enfant à l’exploiter, c’est-à-dire à exiger de sa part de l’argent, des objets de valeur, soutenir l’enfant lorsque celui-ci se plaint de lui, téléphoner à l’enfant quand celui-ci est en visite chez lui et le culpabiliser (« comme tu me manques ! »), organiser un événement (fête avec les camarades, journée dans un parc d’attraction,…) qui se déroule sur le temps de visite de l’autre parent. Mais aussi : refuser de passer les communications téléphoniques, intercepter le courrier et les paquets envoyés aux enfants, présenter le nouveau conjoint aux enfants comme leur nouvelle mère ou leur nouveau père, parler d’une manière désobligeante du nouveau conjoint de l’autre parent, refuser d’informer l’autre parent au sujet des activités dans lesquelles les enfants sont impliqués (rencontres sportives, représentations théâtrales, activités scolaires,…), empêcher l’autre parent d’avoir accès aux dossiers scolaire et/ou médical des enfants, « oublier » de prévenir l’autre parent des rendez-vous importants (dentiste, médecin, psychologue,…), raconter aux enfants que les vêtements que l’autre parent leur a achetés sont laids et leur interdire de les porter, reprocher à l’autre parent la mauvaise conduite des enfants, menacer de punir les enfants s’ils appellent, écrivent ou essayent de contacter l’autre parent de n’importe quelle façon. Qu’elles soient évidentes ou subtiles, ces attitudes minent la place de l’autre parent au point de le rendre haïssable. Mais, elles plongent aussi et surtout l’enfant dans une souffrance extrême, avec au moins deux conséquences dommageables. L’obligation tout d’abord d’avoir à cliver le couple parental en reniant l’une de ses racines, avec à la clé un risque de problème d’identité. Une abolition ensuite, de la différence intergénérationnelle : l’enfant étant mêlé à une dispute d’adultes et étant finalement placé en position arbitrale, il peut y avoir une prise de pouvoir de sa part sur ses deux parents.


[1] Richard Gardner a identifié huit manifestations symptomatiques chez l’enfant victime d’aliénation parentale :
1 Campagne de dénigrement (diffamation) : l’enfant médit continuellement l’autre parent, dit le haïr et ne plus vouloir le voir.
2 Rationalisations faibles, frivoles, et absurdes : l’enfant donne des prétextes futiles, peu crédibles, ou absurdes pour justifier sa dépréciation du parent aliéné. « Il fait du bruit en mangeant », « Il m’oblige à sortir les poubelles », « Il n’y a jamais de lait pour mes céréales ».
3 Absence d’ambivalence : un parent est adoré par l’enfant, l’autre haï. L’enfant est absolument sûr de lui et sans équivoque. Interrogé, il n’a aucun souvenir d’interaction positive avec le parent aliéné.
4 Phénomène du penseur indépendant (ou du penseur libre). L’enfant aliéné ne reconnaît jamais qu’il a été l’objet d’une influence. « C’est ma décision de ne plus aller chez papa ». Le parent aliénant : « Je veux bien qu’il aille chez son père mais c’est lui qui ne veut pas. Et je vais me battre jusqu’au bout pour que mon enfant soit respecté ».
5 Soutien au parent aliénant : l’enfant prend la défense du parent aliénant dans le conflit, se perçoit comme un soutien au parent gardien, qui serait « persécuté » par le parent aliéné.
6 Absence de culpabilité : l’enfant n’éprouve aucune culpabilité par rapport à la mise à mort du parent aliéné.
7 Présence de scénarios empruntés : l’enfant relate des faits qu’il a manifestement entendu raconter. Il emploie un langage d’adulte emprunté au parent aliénant. À six ans, il dira : « Il a demandé la baisse de la pension alimentaire » ; « Elle m’importune tout le temps » ; ou « Elle viole ma vie privée ».
8 Animosité étendue à l’ensemble du monde du parent aliéné : l’enfant généralise son animosité à l’ensemble du monde du parent aliéné : grands-parents, oncles, cousins, amis,…, mais aussi pays, religion, culture… L’étendue de l’animosité peut même concerner un animal domestique autrefois affectivement investi par l’enfant.

Richard Gardner propose trois niveaux de gravité à cette aliénation parentale :

Un niveau léger : peu des huit symptômes (chez l’enfant) sont présents. Les visites et transitions se passent sans trop de difficultés.
Un niveau modéré : le niveau modéré représente la majorité des cas de d’aliénation parentale. Généralement, les huit symptômes sont présents chez l’enfant, des problèmes se produisant lors des transferts, mais après un certain temps l’enfant retrouve son calme.
Un niveau sévère : à ce stade l’enfant aliéné et le parent aliénant sont fanatiques et liés dans une relation de folie à deux dans laquelle ils partagent des fantaisies paranoïdes à propos du parent aliéné. Les huit symptômes sont également présents chez l’enfant mais avec davantage d’intensité. Les visites sont rendues impossibles par le comportement de l’enfant (peur morbide, provocation, destruction). Le parent aliénant fonctionne sur un mode paranoïde qui, soit se concentre sur le parent aliéné seul, soit constitue son mode de pensée.


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