La gendarmerie infiltre le web pour traquer les pédophiles

Aller en bas

La gendarmerie infiltre le web pour traquer les pédophiles

Message par Admin le Mar 22 Sep - 18:01

La gendarmerie infiltre le web pour traquer les pédophiles


Christophe Cornevin
22/09/2009 | Mise à jour : 10:07
figcom_sep_bulle='avec';



Les gendarmes habilités à traquer les pédophiles dépendent du Service technique de recherches judiciaires et de documentation. (Crédits photo : ADC BALSAMO F. SIRPA/GENDARMERIE)

Les cybergendarmes s'infiltrent dans les réseaux pédophiles en se faisant passer pour des enfants.


Un stupéfiant théâtre d'ombres, où se mêlent agents infiltrés, pervers polymorphes et coups de bluff magistraux, se trame aujourd'hui dans les recoins les plus glauques de la Toile.
Impensable il y a quelques années, cette partie de poker menteur a été amorcée discrètement, le 2 avril dernier, grâce à un décret permettant pour la première fois aux enquêteurs de se faire passer pour des enfants afin d'aller au contact de pédophiles. Et leur transmettre des images pornographiques à la demande.
«Contrairement à nos homologues américains qui utilisent leurs policières comme appâts dans des réseaux de prostitution, nous ne provoquons personne à commettre une infraction, prévient cependant le lieutenant-colonel Alain Permingeat, chef de la division de lutte contre la cybercriminalité à Rosny-sous-Bois. Nos gendarmes se bornent à répondre aux sollicitations. Avant, nous ne pouvions détecter les prédateurs qu'à l'occasion d'échanges d'images via le réseau peer-to-peer. Une enquête classique de terrain sur le suspect et son entourage était ensuite nécessaire pour tenter de le confondre…» Selon des études anglo-saxonnes, seuls 14 % à 30 % des diffuseurs d'images passent à l'acte. «Nos nouvelles méthodes permettent de cibler en direct les pervers les plus dangereux, à savoir ceux qui sortent du virtuel pour donner rendez-vous à leur victime…», explique le colonel Permingeat.
«Ne pas devenir schizophrène»



Une cellule de quatre cybergendarmes spécialisés, au sein du Service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRJD), jouent les pionniers de l'infiltration. Lors de stages émaillés de jeux de rôle sur une période de deux ans, ils ont été formés par une criminologue puis des agents québécois spécialistes en pédophilie. Progressivement, les pandores ont appris à vivre tour à tour dans la peau d'un garçonnet ou d'une fillette. Puis d'un pédophile, même s'ils le supportent mal.
S'inventant des profils taillés sur mesure, avançant masqués derrière leurs pseudos, ils surfent et «chattent» sur les forums de discussion pour les 10-13 ans ou certains sites de jeux en ligne en attendant d'être «hameçonnés». Sur un hébergeur étranger, ils interceptent certains échanges qui ne trompent guère : évoquant une récente histoire de gamine oubliée par ses parents dans une voiture, un internaute lance : «Quand on apprend cela, on s'dit qu'il y a des enlèvements qui se perdent…»
Le major Jean-Claude S., 42 ans, joue les infiltrés depuis six mois. Issu d'une brigade territoriale et muté à la «cellule pédo» après trois ans de «cybercrim», ce solide gaillard à lunettes dit «tout faire pour ne pas devenir schizophrène. En ce moment, j'anime un profil d'enfant et un de pédophile. Au-delà, on risque de perdre les pédales. On tient nos personnages plusieurs jours, voie plusieurs semaines, avant de les jeter à la fin de la mission», confie ce père de deux nourrissons. «En général, poursuit-il, je préfère endosser des rôles de petites filles. J'ai du mal à jouer les garçonnets, car il m'est difficile de revisiter mon enfance à travers ce genre d'histoire.»
De la même manière, les militaires ne cachent pas leur répugnance à incarner jour après jour le personnage d'un pervers. Seul un suivi psychologique régulier leur permet de supporter ce rôle malsain. «Pour être crédibles, nous peaufinons nos personnages d'enfants, confie Jean-Claude. Au plus près toute l'actualité des ados, je suis devenu incollable sur les dernières péripéties de “Secret Story”, de la série “Plus belle la vie ” ou encore des chanteuses pour midinettes…» Inutile de préciser que les cybergendarmes se précipitent au cinéma dès la sortie d'un Walt Disney. «Dans nos conversations Internet, nous sommes démasqués à la moindre erreur…», grimace un sous-officier.
Grâce à leur opiniâtreté, ils ont déjà débusqué plusieurs détraqués, complètement interdits en découvrant une solide escouade de moustachus au moment du rendez-vous «galant». «Sortir sur le terrain pour interpeller les pédophiles est notre récompense, cela nous permet de tenir, de sortir de notre bulle fétide», concède un enquêteur. Sa peur ? «Tomber un jour sur vrai monstre, comme Dutroux ou Fourniret…»
LIRE AUSSI :
»Les cyberpoliciers attaquent outre-Atlantique

_________________
Ne remettez pas à demain les mots aimables que vous pouvez prononcer aujourd'hui.
N'oubliez pas de dire "Je t'aime", ces mots si courts et si importants ,
pour ne pas avoir à dire "J'aurais dû lui dire que je l'aimais."
mon site http://www.amis-arts.com
avatar
Admin
Admin

Féminin
Nombre de messages : 660
Age : 75
Localisation : Tourcoing
Date d'inscription : 27/11/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://www.amis-arts.com

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum